Arrêt maladie et titres-restaurant : quelles règles CNTR et quels droits pour les salariés en 2026 ?
Les titres-restaurant — aussi appelés dotations déjeuner — font aujourd’hui partie des avantages salariés les plus répandus en entreprise. Véritable levier de pouvoir d’achat, ce dispositif permet aux bénéficiaires de financer une partie de leurs repas tout en bénéficiant d’un cadre social et fiscal avantageux.
Mais lorsqu’un salarié se retrouve en arrêt maladie, de nombreuses questions émergent : conserve-t-il ses titres-restaurant ? L’employeur peut-il suspendre automatiquement cet avantage ? Que prévoit exactement la réglementation ? Et existe-t-il des différences selon le télétravail, le maintien de salaire ou les accords internes de l’entreprise ?
Avec l’évolution des modes de travail, la généralisation du télétravail et les contrôles renforcés autour des avantages salariés, le sujet des titres-restaurant en arrêt maladie est devenu un véritable enjeu RH et social.
Selon la Commission Nationale des Titres-Restaurant (CNTR), plus de 5,5 millions de salariés bénéficient aujourd’hui de titres-restaurant en France. Dans un contexte marqué par l’inflation et les enjeux de qualité de vie au travail, cet avantage est devenu un soutien essentiel au budget alimentaire des salariés.
Le fonctionnement des titres-restaurant est encadré à la fois par l’URSSAF pour les aspects sociaux et fiscaux, mais également par la CNTR (Commission Nationale des Titres-Restaurant), organisme chargé de superviser l’utilisation et les règles d’attribution du dispositif. La CNTR rappelle notamment que les titres-restaurant doivent être utilisés exclusivement dans le cadre des journées réellement travaillées.
Dans cet article, nous faisons le point sur les règles applicables en 2026, les droits des salariés et les bonnes pratiques à connaître pour les entreprises.
Comment fonctionnent les titres-restaurant en entreprise ?
Les titres-restaurant ont été créés pour permettre aux salariés de financer une partie de leurs frais de repas pendant leur journée de travail.
Ils constituent un avantage social cofinancé par l’employeur et le salarié. En 2026, pour bénéficier de l’exonération de cotisations sociales, la participation de l’employeur doit représenter entre 50 % et 60 % de la valeur du titre, dans la limite d’environ 7,32 € par titre selon les plafonds sociaux en vigueur.
Concrètement, cela correspond généralement à une valeur faciale comprise entre 12,20 € et 14,64 € afin d’optimiser l’exonération sociale.
Le plafond d’utilisation des titres-restaurant reste fixé à 25 € par jour en 2026. Les bénéficiaires peuvent utiliser leurs titres déjeuner dans les restaurants, boulangeries, commerces alimentaires et supermarchés acceptant ce moyen de paiement.
Aujourd’hui, la dématérialisation des titres-restaurant s’accélère fortement. Selon les données du secteur, plus de 95 % des nouveaux titres émis sont désormais proposés sous format digital via une carte ou une application mobile.
Cette transformation répond directement aux nouvelles attentes des salariés qui recherchent davantage de simplicité, de mobilité et de flexibilité dans l’utilisation de leurs avantages déjeuner.
Arrêt maladie et titres-restaurant : quelle est la règle en 2026 ?
Lorsqu’un salarié est en arrêt maladie, son contrat de travail est suspendu pendant toute la durée de son absence.
Même si le lien contractuel avec l’entreprise est maintenu, le salarié n’exerce plus son activité professionnelle.
Dans ce contexte, la règle appliquée par les entreprises reste très claire : les titres-restaurant ne doivent pas être attribués pendant un arrêt maladie puisqu’il n’y a plus de journée de travail effective ouvrant droit à cet avantage.
Cette position est aujourd’hui largement admise dans les pratiques RH et régulièrement rappelée par les spécialistes du droit social et les acteurs du secteur des titres-restaurant.
Le principe reste simple : les titres-restaurant servent à financer un repas pris dans le cadre d’une journée travaillée. Lorsque le salarié n’est plus en activité, le fondement même du dispositif disparaît.
Pourquoi les titres-restaurant sont-ils suspendus pendant un arrêt maladie ?
Pour comprendre cette règle, il faut revenir à la finalité même des titres-restaurant.
Historiquement, ce dispositif a été conçu pour compenser les frais de repas engagés par le salarié pendant son temps de travail, notamment lorsqu’il ne dispose pas d’une cantine ou d’un restaurant d’entreprise.
La CNTR rappelle ainsi que les titres-restaurant doivent uniquement être attribués pour les journées comprenant :
- une activité professionnelle effective ;
- une pause déjeuner ;
- et des frais de restauration liés au travail.
En arrêt maladie, le salarié n’est plus dans cette situation. Il ne supporte plus de frais de repas liés à son activité professionnelle, ce qui explique pourquoi les titres-restaurant sont suspendus pendant cette période.
Cette logique s’applique également à d’autres absences non travaillées comme :
- certains congés sans solde ;
- les absences injustifiées ;
- les jours de récupération non travaillés ;
- ou certaines périodes d’inactivité totale.
Le maintien de salaire permet-il de conserver ses titres-restaurant ?
C’est l’une des questions les plus fréquentes côté salariés.
Dans de nombreuses entreprises, les bénéficiaires en arrêt maladie continuent de percevoir tout ou partie de leur rémunération grâce au maintien de salaire prévu par la convention collective ou par l’employeur.
Cependant, ce maintien de salaire n’a aucun impact sur le droit aux titres-restaurant.
Même si le salarié continue d’être rémunéré, l’absence de travail effectif reste le critère déterminant pour l’attribution des titres déjeuner.
Autrement dit : ce n’est pas le salaire qui ouvre droit aux titres-restaurant, mais bien la présence réelle au travail.
Cette distinction est essentielle pour garantir la conformité du dispositif et préserver son cadre social et fiscal avantageux.
Télétravail et arrêt maladie : deux situations totalement différentes
Depuis la généralisation du télétravail, certaines confusions sont apparues autour des titres-restaurant.
Pourtant, la différence juridique entre télétravail et arrêt maladie reste très claire.
Un salarié en télétravail continue d’exercer son activité professionnelle. Il travaille simplement depuis un autre lieu que les locaux de l’entreprise. À ce titre, il bénéficie des mêmes droits qu’un salarié présent sur site, y compris concernant les titres-restaurant.
Le principe d’égalité de traitement entre salariés en télétravail et salariés sur site est régulièrement rappelé dans les pratiques RH et la jurisprudence sociale.
En revanche, un salarié en arrêt maladie n’exerce plus son activité professionnelle, même s’il travaille habituellement à distance.
C’est donc l’absence de travail effectif — et non le lieu de travail — qui entraîne la suspension des titres-restaurant.
Temps partiel thérapeutique : quels droits aux titres-restaurant ?
Le cas du temps partiel thérapeutique mérite une attention particulière.
Dans cette situation, le salarié reprend progressivement son activité professionnelle tout en restant partiellement en arrêt de travail.
Lorsque le bénéficiaire effectue réellement des journées travaillées comprenant une pause déjeuner, il peut continuer à bénéficier de titres-restaurant pour les jours effectivement travaillés.
Le principe reste identique : chaque journée ouvrant droit à un repas pendant le temps de travail peut donner lieu à l’attribution d’un titre-restaurant.
Les jours non travaillés dans le cadre du temps partiel thérapeutique restent exclus du dispositif.
Le rôle de la CNTR dans l’encadrement des titres-restaurant
La Commission Nationale des Titres-Restaurant (CNTR) joue un rôle central dans l’organisation et la supervision du dispositif en France.
Elle veille notamment :
- au bon fonctionnement des titres-restaurant ;
- au respect des règles d’utilisation ;
- à l’encadrement des commerces affiliés ;
- et à l’évolution du dispositif avec la digitalisation.
La CNTR intervient également sur les sujets liés :
- aux plafonds d’utilisation ;
- aux règles de paiement ;
- aux usages en supermarché ;
- ou encore aux nouveaux formats dématérialisés.
Aujourd’hui, les logiciels RH et les solutions digitales permettent d’automatiser une grande partie de la gestion des titres-restaurant et des absences afin de limiter les erreurs administratives.
Selon plusieurs études RH, la digitalisation des avantages salariés permettrait de réduire jusqu’à 30 % le temps administratif consacré à leur gestion.
Le CSE peut-il maintenir les titres-restaurant pendant un arrêt maladie ?
Le Comité Social et Économique peut intervenir dans la politique globale des avantages salariés, mais il ne peut pas modifier les règles encadrant les titres-restaurant.
Autrement dit, le CSE ne peut pas imposer le maintien des titres déjeuner pendant un arrêt maladie si les conditions de travail effectif ne sont plus remplies.
Certaines entreprises choisissent toutefois de mettre en place des dispositifs complémentaires afin de soutenir les bénéficiaires absents :
- aides exceptionnelles ;
- maintien d’autres avantages sociaux ;
- ou accompagnement via les activités sociales et culturelles du CSE.
Mais ces mécanismes restent distincts du dispositif légal des titres-restaurant.
Pourquoi les titres-restaurant restent un avantage stratégique en 2026
Malgré ces règles strictes, les titres-restaurant restent aujourd’hui l’un des avantages salariés les plus appréciés des bénéficiaires.
Selon plusieurs enquêtes RH, plus de 8 salariés sur 10 considèrent les titres-restaurant comme un avantage important dans leur package global de rémunération.
Dans un contexte marqué par la hausse des prix alimentaires, ils permettent de soutenir concrètement les dépenses du quotidien tout en bénéficiant d’un cadre social avantageux.
Les entreprises utilisent également les titres-restaurant comme un outil d’attractivité et de fidélisation RH.
La montée en puissance des solutions dématérialisées, comme les cartes Mastercard® multi-usages, transforme aussi l’expérience des bénéficiaires avec des usages plus simples, mobiles et instantanés.
Ce qu’il faut retenir
Le principe reste relativement simple : les titres-restaurant sont liés aux journées de travail effectif.
Lorsqu’un salarié est en arrêt maladie, son contrat de travail est suspendu et il n’exerce plus son activité professionnelle. Dans ce contexte, les titres-restaurant sont donc suspendus pendant toute la durée de l’arrêt, même en cas de maintien de salaire.
Le télétravail ne doit pas être confondu avec l’arrêt maladie : un salarié en télétravail continue de travailler et conserve ses droits aux titres-restaurant.
Enfin, le respect des règles encadrant les titres-restaurant reste essentiel pour garantir une gestion conforme des avantages salariés et sécuriser la politique sociale de l’entreprise.